Alice B. TOKLAS : Quand la recette de cuisine se fait littérature

Dans quelques mois paraîtra un Dictionnaire des femmes créatrices aux Editions des Femmes, sous la direction de Mireille Calle-Gruber, Béatrice Didier et Antoinette Fouque. Ce dictionnaire entend « témoigner de l’ampleur et de la diversité des productions des femmes, dans des domaines très vastes, sans limitation de dates ou de zones géographiques » : littératures, sciences, sports, esthétique  et … gastronomie.

Si je suis loin de partager les revendications féministes qui sous-tendent ce projet de dictionnaire, réunissant un ensemble de productions diverses sous la bannière d’une paire d’ovaires, la rédaction d’un certain nombre de notices de la section gastronomie constitue une excellente occasion de nous repencher un peu sur des œuvres oubliées ou mal connues.

– De quoi alimenter notre bibliothèque gustative et littéraire !

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1/ Le Livre de cuisine d’Alice B. Toklas :
Quand la recette se fait littérature


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Défilé Chanel au Grand Palais : Haute couture, haute cuisine, même combat? (suite)

En septembre 2010, Pierre Hermé choisissait de présenter sa « nouvelle collection Hiver » en conviant la presse à un « défilé de haute pâtisserie » (à voir ici).

Cette année, c’est Chanel qui installait la presse à table pour son défilé “Métiers d’Art Paris-Bombay”, pré-collection Printemps 2012 …

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Jeux de miroirs

Mardi 6 décembre, d’immense tables étaient ainsi dressées sous les voûtes du Grand Palais, dans un décor fantasmé de l’Inde des mahârâjas.

Et sur ces tables, au milieu des lassī de mangue, coupes de champagne et pâtisseries orientales … des macarons !

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Haute couture, haute cuisine, même combat ?

Conférence publique à l’Institut Français de la Mode du 8 Novembre 2011.

Haute couture, haute cuisine, même combat ?

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Cuisine et mode s’opposent a priori comme « patrimoine » s’oppose à « volatilité ». Pourtant, on observe depuis quelques années un rapprochement spectaculaire entre couture et cuisine. Le « chef » est en train de rejoindre le couturier au panthéon des stars. Le rapprochement entre couturier et cuisinier s’organise autour de notions empruntées à l’art et au marketing, avec l’appropriation par le monde de la cuisine du concept de « marque » associée à un nom de créateur, avec tous les produits dérivés qui l’accompagnent.

Exploration croisée de deux univers créatifs et de deux domaines d’activité économique qui se rapprochent sans toutefois se ressembler …

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Écouter / Podcaster gratuitement la conférence :


> Première partie : Haute couture, haute cuisine même combat ?

> Deuxième partie : Haute couture, haute cuisine, même combat ? (suite)

> Troisième partie : Échange et débat avec la salle

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Un résumé de la conférence est également disponible sur le site du

bureau de tendances NellyRodiLab

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Et en prolongement de cette conférence :

Défilé Chanel au Grand Palais : Haute couture, haute cuisine, même combat? (suite)

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Ponge ou le parti pris du pain (matière à penser)

Une lecture à partager entre panophiles et amoureux de la langue française …
En guise de préambule à la publication d’une partie de mes travaux sur le goût du pain.


La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des soeurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

Francis Ponge, « Le Pain », extrait du Parti pris des choses , Gallimard, 1942.