(Re) découvrir le Nouveau Monde : performance à la Fondation Mona Bismarck

Nouveau Monde

De la tomate au chocolat, en passant par la dinde, les courges, haricots ou pommes de terre, innombrables sont les produits issus de la découverte de l’Amérique qui ont pris place dans la gastronomie française. Nous les avons si bien assimilés que nous en avons souvent oublié l’origine. Nous ignorons presque tout des peuples qui nous les ont transmis. Nous commençons seulement à entrevoir l’incroyable diversité des plantes qu’ils avaient développées et à analyser leurs mille vertus médicinales. Nous sommes encore loin d’avoir fini d’explorer les saveurs que recèlent la foret amazonienne et les hauts plateaux du Pérou…

C’est pourquoi, mettant en lumière le génie des agriculteurs amérindiens, les découvertes des navigateurs et l’histoire de la cuisine française, nous vous proposons de savourer le récit de la fabuleuse aventure du goût, dont nous sommes à la fois héritiers et acteurs.

Le 19 janvier dernier, dans l’écrin de la Fondation Mona Bismarck, American Center for Arts & Culture, votre exploratrice a ainsi imaginé un parcours dont chaque escale est le fruit d’une rencontre entre deux mondes : le nôtre et celui des peuples d’Amérique, des Incas du Pérou aux Mayas du Guatemala, en passant par les Aztèques du Mexique, les Hurons et Algonquins du Canada, les Tupinambas et Arawaks de la forêt Amazonienne, sans oublier les Navajos, les Cheyennes, les Dakotas, les Pueblos, les Zuni …

Autant de peuples et de produits, autant d’histoires à raconter.
En voici quelques unes…

Pour en savoir + sur la mise en œuvre de cette soirée, entièrement prise en charge par Convergences Culinaires, vous pouvez également consulter cette page.

« Des goûts et des couleurs » : une performance-conférence au Musée Picasso Paris

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« Orange : est-ce une couleur ? Est-ce un goût ? La couleur a-t-elle le goût du fruit ? De la table au tableau, l’esthétique de Picasso nous propose une vision sensible du monde, dont les modulations sont autant de matières, textures, couleurs… saveurs ?

À partir d’une sélection d’œuvres du peintre-céramiste, Caroline Champion proposera un parcours chromatique et gustatif dans les collections du musées, comme une dégustation de couleurs, propre à interroger la relation qui peut s’établir entre l’œil et le goût… »

Plus d’infos à venir !

 

Forts fromages de fermage (Eloge du pourri, extrait)

Il existe une version domestique du champignon : le fromage. En matière de « pourri », de l’oreille de judas à la tête de moine, il n’y a qu’un pas… Ils participent tous deux de cette oscillation entre nature et culture, mort et fécondité, animal et végétal – jusque dans leurs palettes aromatiques, associant volontiers le boisé au musqué, l’épicé au lacté, comme le beurré au noiseté. D’ailleurs, ne fait-on pas précisément des « girolles » avec la tête de moine ?

Mais s’ils s’organisent autour d’une symbolique commune, champignon et fromage sont loin de se confondre. Ils se situent en permanence sur deux polarités distinctes. Le premier est indissociable de l’automne, de la dégradation de l’été en hiver ; le second commence à fleurir au printemps, au moment où les bêtes retournent aux pâturages. Symbolique, cette différence de saisonnalité participe d’une antithèse chromatique fondamentale, où le roux s’oppose au vert et tranche avec le blanc.[1]

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De façon générale, sur l’axe du pourri, le champignon ressortit avant tout de la nature, alors que le fromage est un produit explicitement culturel. L’un jaillit comme par magie au milieu des bruyères, l’autre, au contraire, nécessite un temps long et un savoir-faire spécifique. Le fromage met ainsi en jeu une temporalité qui lui est propre, fruit de l’histoire et du travail des hommes.

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Le goût de la Main de Bouddha (Voyage au jardin des Hespérides, suite)

A lire en préambule : Agrumes Bachès : Voyage au jardin des Hespérides.

 


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© Caroline Champion

MAIN DE BOUDDHA, Citrus Digitata

L’ESSENCE DU FRUIT

Fruit étrange, à l’improbable forme digitée, la Main de Bouddha est une variété de cédrat originaire d’Asie. Son zeste, d’un jaune éclatant, dissimule une chair blanche, le ziste, dont la saveur est dépourvue d’amertume, à la différence de tous les autres agrumes. Autre particularité de ce cédrat, l’absence de pulpe, de jus et de pépins…

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Agrumes Bachès : Voyage au jardin des Hespérides

Quand les parfums, les couleurs, les saveurs se répondent….

Si, d’Homère à Ovide, la pomme d’or a bien été identifiée comme étant un agrume, la question de son goût n’en est pas résolue pour autant. Cette famille de fruits compte en effet plusieurs milliers de variations à partir d’une centaine d’espèces, d’une extraordinaire diversité de parfums, de saveurs, de formes et de couleurs…

Agrume : sa simple évocation esquisse toute une palette chromatique, dont les teintes s’étendent du vert à l’orangé, en passant par le jaune, le rose, le pourpre et le sanguin. Autant de nuances aromatiques qui oscillent sans cesse entre amertume, acidité, douceur et fadeur.

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Par les correspondances qu’il tisse entre l’œil, l’odorat, le goût et l’imaginaire, l’agrume sollicite tous les sens et interroge leurs relations. Il devient ainsi le support d’un parcours sensible, ouvrant sur un univers luxuriant, ensoleillé, où rien n’est jamais figé, où le citron peut devenir orange, le cœur d’une mandarine rouge sang, l’ovale d’un cédrat fabuleusement digité.

DES GOÛTS ET DES COULEURS

Le orange a-t-il un goût d’orange ? Ou est-ce le fruit qui porte le nom de la couleur ? Allers retours implicites, la teinte et le fruit échangent librement leurs caractéristiques : le orange est vif, acidulé, vitaminé, comme l’orange est colorée, gaie et ensoleillée.

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Le goût du Yuzu (Voyage au jardin des Hespérides, suite)

A lire en préambule : Agrumes Bachès : Voyage au jardin des Hespérides.

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IMG_7600© Caroline Champion

YUZU, Citrus junos

 

L’ESSENCE DU FRUIT

Avec ses allures de clémentine, sa peau hésitant entre le vert et le jaune citron, le yuzu pourrait passer inaperçu si son parfum, aux accords boisés et acidulés, évoquant la mandarine et le pamplemousse, ne venait prendre le relais de la vue pour annoncer un goût d’une infinie délicatesse.

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