Nouveau Monde, Monde Nouveau : Voyage dans l’imaginaire du goût

Le 19 janvier dernier, votre exploratrice organisait une performance dédiée à l’imaginaire du Nouveau Monde, et à la formidable révolution culinaire que sa découverte a engendré dans la cuisine française… jusque aujourd’hui, avec les multiples ingrédients qui nous arrivent du Pérou ou de la forêt Amazonienne et continuent d’alimenter la créativité des représentants de notre gastronomie.

Nous vous livrons ici une partie des textes qui ont accompagné la soirée « Nouveau Monde, Monde Nouveau : Voyage dans l’imaginaire du Goût », qui s’est tenue à la Fondation Mona Bismarck, American Center for Arts & Culture…

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(Re)Découvrir le Nouveau Monde …

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Bon à manger ?

Si la rencontre avec la cuisine des peuples du Nouveau Monde a modifié en profondeur le régime alimentaire européen, l’introduction de ces produits dans notre quotidien ne s’est pas faite en un jour. L’arrivée d’ingrédients inconnus, exotiques et étranges a parfois donné lieu à des rumeurs, à des méfiances et inquiétudes d’autant plus fortes que ces produits étaient radicalement nouveaux.

Comme nous le rappelle l’anthropologue Claude Lévi-Strauss, pour être « bon à manger », un aliment doit d’abord être « bon à manger », c’est-à-dire qu’il doit trouver une place dans notre représentation du monde, rentrer dans la sphère du culturellement mangeable, du comestible, voire du délicieux. Faute d’être pensable, l’inconnu ne saurait trouver place dans notre assiette. En témoigne par exemple la réaction de dégoût que suscite généralement l’idée de manger des insectes, ces ingrédients étant a priori exclus de notre champ alimentaire.

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(Re) découvrir le Nouveau Monde : performance à la Fondation Mona Bismarck

Nouveau Monde

De la tomate au chocolat, en passant par la dinde, les courges, haricots ou pommes de terre, innombrables sont les produits issus de la découverte de l’Amérique qui ont pris place dans la gastronomie française. Nous les avons si bien assimilés que nous en avons souvent oublié l’origine. Nous ignorons presque tout des peuples qui nous les ont transmis. Nous commençons seulement à entrevoir l’incroyable diversité des plantes qu’ils avaient développées et à analyser leurs mille vertus médicinales. Nous sommes encore loin d’avoir fini d’explorer les saveurs que recèlent la foret amazonienne et les hauts plateaux du Pérou…

C’est pourquoi, mettant en lumière le génie des agriculteurs amérindiens, les découvertes des navigateurs et l’histoire de la cuisine française, nous vous proposons de savourer le récit de la fabuleuse aventure du goût, dont nous sommes à la fois héritiers et acteurs.

Le 19 janvier dernier, dans l’écrin de la Fondation Mona Bismarck, American Center for Arts & Culture, votre exploratrice a ainsi imaginé un parcours dont chaque escale est le fruit d’une rencontre entre deux mondes : le nôtre et celui des peuples d’Amérique, des Incas du Pérou aux Mayas du Guatemala, en passant par les Aztèques du Mexique, les Hurons et Algonquins du Canada, les Tupinambas et Arawaks de la forêt Amazonienne, sans oublier les Navajos, les Cheyennes, les Dakotas, les Pueblos, les Zuni …

Autant de peuples et de produits, autant d’histoires à raconter.
En voici quelques unes…

Pour en savoir + sur la mise en œuvre de cette soirée, entièrement prise en charge par Convergences Culinaires, vous pouvez également consulter cette page.

Comme la musique, la cuisine est un art du Temps : Brève synthèse sur la temporalité du goût

Chacun a pu faire l’expérience de la difficulté à parler du goût. Dépasser le stade du « mmm… c’est bon ! » pour tenter de cerner les nuances d’un plat, en saisir les qualités particulières … Fuyantes, mobiles, insaisissables sont les saveurs qui se déploient dans l’obscurité de notre bouche. Invisibles en tant que telles.

En effet, si le plat, dans ses formes et couleurs, s’offre à notre regard et s’épanouit dans l’espace, le goût, lui, est davantage une affaire de temps. A ce titre, comme lui, il n’est jamais directement sous nos yeux. – Du temps, nous ne voyons que les effets ; du goût, nous n’apercevons que les indices. Le moment de la dégustation est par nature aveugle, puisqu’aucun œil ne nous permet de voir ce qui se passe en bouche. Pas plus que la musique, art du temps par excellence, le goût ne se laisse voir ni décrire en un mot. Il nous arrive d’ailleurs de fermer les yeux pour mieux savourer ce qui se déroule en nous, pour mieux se mettre à l’écoute des saveurs : pour mieux prendre le temps du goût.

Pourtant, si le goût est d’abord une affaire de temps, il ne s’agit pas d’un temps unique et monolithique, mais bien plutôt d’un enchevêtrement de temporalités plus ou moins contradictoires. Autant de strates qu’il convient de démêler pour tenter de cerner la spécificité du goût.

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Le temps paradoxal de la dégustation

 

A priori, quoi de plus éphémère que la sensation gustative ? Voué à la mastication et à la destruction, le plat est par définition du côté du provisoire. Quelques minutes suffiront à le faire disparaître. Pourtant, si éphémère qu’elle soit, on parle souvent de « longueur en bouche » pour exprimer la durée du goût. Celle-ci varie du tout au tout en fonction de l’attention que nous lui consacrons.

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OFF Menu, Barcelone : Performance-conférence briochée sur la relation entre goût, design et symbolique alimentaire !

OFF MENU est un parcours artistique et culinaire organisé par Food Cultura, le centre d’art d’Antoni Miralda. Il se constitue en version « off » du salon Alimentaria, qui se tiendra à Barcelone du 26 au 29 mars.

Prenant ses distances avec le phénomène du Chef, et avec les performances moléculaires qui sont aujourd’hui sur le devant de la scène culinaire catalane, Food Cultura propose une autre vision de l’alimentation, mettant l’accent sur son ancrage culturel et sa dimension symbolique, tout en interrogeant sa place dans la société contemporaine, ses relations avec l’art et le design, etc.

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Du 24 au 29 mars, OFF MENU sera ainsi l’occasion de réunir des artistes, designers, cuisiniers, producteurs, et autres explorateurs de saveurs, dans une programmation à découvrir dans toute la ville …

RDV notamment le 27 mars à 20h, Galeria Alegria, pour une performance-conférence briochée sur la relation entre goût, design et symbolique alimentaire !

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A propos de l’exposition Doisneau Paris Les Halles (I)

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A l’heure où les parisiens pestent contre les travaux qui perturbent les Halles et la circulation alentour, l’Hôtel de Ville de Paris consacre une exposition à l’histoire du quartier vue par Doisneau. Tirages d’époque. Majorité de noir et blanc. Petits formats.

On y (re)découvre le paysage urbain, sa vie, ses pulsations, saisis juste avant de disparaître à la faveur de Rungis.

On y savoure également les talents d’un extraordinaire photographe, dont l’œuvre est loin de se limiter au « Baiser de l’Hôtel de Ville » et autres affiches pour touristes adolescents…

« Doisneau Paris Les Halles » : l’exposition vaut ainsi pour chaque mot du titre ; on y admire Doisneau autant que Les Halles de Paris. L’intérêt de chaque tirage est à la fois historique et esthétique. La photographie y manifeste son rôle de témoin, de preuve, parfois de cri, tout en éclatant dans ses qualités d’œuvre d’art.

Tel est l’enjeu de la photographie : Parvenir à faire œuvre d’art dans un monde peuplé d’images en tous genre, où chacun possède son appareil et mitraille avec son téléphone …  Parvenir à faire œuvre d’art tout en acceptant de rester un médium fondamentalement populaire, au sens noble du terme : qui ne requiert aucune connaissance des codes de l’art contemporain, de ses ‘concepts’ et de son discours,  faisant appel à la sensibilité de chacun, à son ressenti. (1)

Pas besoin de notice en effet pour entamer cette plongée au cœur de l’humain ; parcourant l’exposition, les visiteurs se retrouvent, l’espace d’un instant, réunis dans une même émotion, contemplant ces visages du passé qui leur parlent d’eux-mêmes.

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Performance « Les cuisines du film documentaire : la deuxième moitié de l’orange »



Pour ceux qui n’étaient pas connectés pour suivre la performance en direct, une vidéo bientôt disponible sur le site …