HORS-D’OEUVRE, définition (matière à penser)

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Cette définition a servi de base à la réalisation d’un ExpérimenTable dans la cour des Beaux-Arts. Elle a été développée dans un article destiné aux Cahiers de la Gastronomie, et servira de trame à mon essai sur l’idée d’un « art culinaire ».

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HORS-D’OEUVRE Architect. : se dit en matière de bâtiment, eu parlant d’une pièce détachée du corps d’un bâtiment. Un cabinet hors d’oevre. Voyez Oeuvre.

HORS D’OEUVRE : se dit figurément, dans le langage ordinaire, en parlant des choses qui, dans un ouvrage de littérature ou d’art, ne font point partie essentielle du sujet, qu’on semble avoir ajoutées après coup, et qu’on pourrait retrancher sans nuire à l’ensemble. Cette description est hors d’oeuvre.

HORS-D’OEUVRE : se dit aussi substantivement de certains mets qu’on sert avec le potage. Ce hors-d’oeuvre est fort appétissant. Les radis, les figues, le beurre, les anchois, etc., se servent en hors-d’oeuvre.

Dictionnaire de l’Académie française, 6eme Edition, 1832-5, (p.2295).

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Nature Morte / Vanité (matière à penser)

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Sur les relations  » Nature Morte » / « Vanité » : (matière à penser)

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Repenser le chausson aux pommes ?

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( Symbolique du pain )

Une autre façon de concevoir ses tartines, de voir les chaussons aux pommes ?

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Des relations entre art et cuisine (matière à penser)

A propos d’un essai en cours de rédaction (voir le synopsis), visant à interroger la notion « d’art(s) culinaire(s) ».

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Des relations entre art et cuisine (matière à penser)

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Malgré la banalisation actuelle du syntagme « art culinaire », les relations entre art et cuisine demeurent extrêmement complexes.

Souvent reléguée du côté du corps, de l’organique et du besoin, la cuisine, fût-elle ‘haute-cuisine’, est indissociable de la dégustation, donc de la mastication et de la digestion.

Elle est un rappel quotidien de notre statut d’être vivant i.e. mortel.

Sujet vulgaire !

Comme le rappelle notamment Louis Ferdinand Céline, en 1955 [1]:

Au contraire, l’œuvre d’art semble (selon un point de vue néoplatonicien) traditionnellement située du côté de l’esprit et du plaisir désintéressé – aspirant à une forme d’éternité, par delà les contingences de la mort, etc.

Et pourtant, aujourd’hui, ces catégories sont apparemment périmées, et ne sauraient s’appliquer à l’art contemporain. Il devient même envisageable (voire rigoureusement conseillé) de nier toute forme d’idéalisme pour plonger dans la matérialité, et dans l’éphémère, et dans l’organique …

– De ce point de vue, quelles relations sont alors possibles entre art et cuisine ?

– Doit-on considérer que l’art contemporain, en faisant exploser le système des Beaux-Arts, a rendu possible l’idée d’un « art culinaire »?

– Faut-il y entendre un anoblissement de la cuisine et/ou une désacralisation de l’art ?

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Avec Clocoa, l’artiste Wim Delvoye propose une machine qui reproduit le processus exact de la digestion: alimentée, la machine génère … des crottes.

Les excréments sont immédiatement ensachés pour être vendus.[2]

Wim Delvoye, Clocoa 5.


– Étonnante résonance du travail de cet artiste avec les propos de Céline …

Sans verser dans l’amalgame interprétatif, on peut souligner que dans les deux cas, le choc et la provocation jouent sur une même tendance à rabattre l’acte alimentaire à une pure fonction organique.

Intégré dans une installation artistique ou tenu par un écrivain, le propos est identique en ce qu’il ignore volontairement, l’espace d’un instant, ce qui fonde la spécificité de l’humain quant à son alimentation – à savoir, sa dimension profondément culturelle, symbolique, affective.

Matière à penser « l’art culinaire ».

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[1] Entretien complet disponible sur Paris 4 Philo.

[2] Sur ce sujet, voir notamment les propos recueillis par Geneviève Breerette dans Le Monde du 25.08.05.