«C’est le dimanche de la vie»: Une étude de l’imaginaire du champ de blé en peinture (1/2)

« Un coup de vent sur les blés ressemble au coup de vent sur la mer… Mais s’il nous émeut plus, c’est qu’il déroule un patrimoine » Saint-Exupéry, Pilote de Guerre.

Qu’il soit réel ou pictural, aperçu à la faveur d’un voyage en train ou d’une visite à la Fondation Van Gogh, le spectacle d’un champ de blé nous saisit d’abord par la culture qu’il incarne, par la dimension historique qu’il présuppose, la part de sueur et de travail qu’il implique.

En ce sens, le blé s’oppose à la mer comme l’agri-culture à la nature : d’un côté, un élément infini, éternel mais inhumain puisque sans histoire ; de l’autre, un paysage patiemment produit, une formidable accumulation de strates de temps et de culture…

En découlent deux types d’expérience très différents. Sublime, le paysage marin fonctionne avant tout comme une vaste surface de projection du Moi ; ses scintillements nous tendent le miroir d’une intériorité éminemment subjective – tantôt calme et limpide, comme dans le mythe de Narcisse, tantôt sombre et agitée, comme dans la peinture romantique… Au contraire, le champ de blé implique immédiatement une relation à l’Autre, aux autres, en tant qu’il reflète le travail des hommes, produit et consommé dans le partage.

 Van Gogh Champ de ble corbeaux
Champ de blé avec corbeaux, Vincent Van Gogh

De ce point de vue, bien que toujours plus moderne, urbain, lointain, le regard que nous portons sur les champs qui jalonnent notre territoire est travaillé par un héritage composite. – Sachant que cet héritage réside autant dans le paysage lui-même que dans le regard que nous posons sur lui. De là une émotion, une impression esthétique, dont l’épaisseur temporelle serait celle d’un palimpseste, qu’il convient ici de déplier pour tenter d’en saisir toute la profondeur.

Transformer la nature en campagne

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Comme la musique, la cuisine est un art du Temps : Brève synthèse sur la temporalité du goût

Chacun a pu faire l’expérience de la difficulté à parler du goût. Dépasser le stade du « mmm… c’est bon ! » pour tenter de cerner les nuances d’un plat, en saisir les qualités particulières … Fuyantes, mobiles, insaisissables sont les saveurs qui se déploient dans l’obscurité de notre bouche. Invisibles en tant que telles.

En effet, si le plat, dans ses formes et couleurs, s’offre à notre regard et s’épanouit dans l’espace, le goût, lui, est davantage une affaire de temps. A ce titre, comme lui, il n’est jamais directement sous nos yeux. – Du temps, nous ne voyons que les effets ; du goût, nous n’apercevons que les indices. Le moment de la dégustation est par nature aveugle, puisqu’aucun œil ne nous permet de voir ce qui se passe en bouche. Pas plus que la musique, art du temps par excellence, le goût ne se laisse voir ni décrire en un mot. Il nous arrive d’ailleurs de fermer les yeux pour mieux savourer ce qui se déroule en nous, pour mieux se mettre à l’écoute des saveurs : pour mieux prendre le temps du goût.

Pourtant, si le goût est d’abord une affaire de temps, il ne s’agit pas d’un temps unique et monolithique, mais bien plutôt d’un enchevêtrement de temporalités plus ou moins contradictoires. Autant de strates qu’il convient de démêler pour tenter de cerner la spécificité du goût.

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Le temps paradoxal de la dégustation

 

A priori, quoi de plus éphémère que la sensation gustative ? Voué à la mastication et à la destruction, le plat est par définition du côté du provisoire. Quelques minutes suffiront à le faire disparaître. Pourtant, si éphémère qu’elle soit, on parle souvent de « longueur en bouche » pour exprimer la durée du goût. Celle-ci varie du tout au tout en fonction de l’attention que nous lui consacrons.

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Hors d’œuvre dans le dernier livre de Gagnaire

Au détour d’une page consacrée à l’art culinaire, dans le dernier livre de Pierre Gagnaire et Catherine Flohic, Un principe d’émotions, Argol 2011 :

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Votre exploratrice sur F3 dans Brèves de Trottoirs

Un ExpérimenTable au Louvre : Pour une sonate en cuisine

Mercredi 12 janvier, 19h, un nouvel ExpérimenTable a eu lieu, installé ce jour là dans la cour du Louvre.


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Un ExpérimenTable au Louvre : Pour une sonate en cuisine

 

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