A propos de l’exposition Nature et Idéal au Grand Palais

Hors piste, un mot à propos du vernissage de l’exposition Nature et Idéal au Grand Palais … 

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Mardi 8 mars, 11h, esplanade du Grand Palais.

Longues berlines noires, vitres teintées, services de sécurité, circulation bloquée, foule bigarrée. – De loin, on peut encore se demander qui a été invité à vernir l’exposition Nature et Idéal, consacrée à la peinture de paysage, à Rome, entre 1600 et 1650, pour provoquer une telle émeute !

Les choses se précisent à l’approche des marches de l’esplanade. Paparazzi et hordes de journalistes  ultras-lookés, talons excentriques et robes cosmiques. Défilé Chanel au Grand Palais. Télescopage inattendu avec le microcosme le plus hype de la mode.

Le passant reste interdit, ébloui par les flashs et vestes flashy. Les lunettes de soleil sont de rigueur. Impossible d’ignorer le concours de cuisses qui se joue sur les marches. Les parfums aussi se font la guerre.

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Hors d’oeuvre : un ExpérimenTable au milieu des Beaux-Arts

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Cet ExpérimenTable  a été réalisé pour France Culture, et diffusé comme pièce radiophonique dans Les Passagers de la nuit, le 30 juin 2010.

(Voir le manifeste des performances « ExpérimenTable ».)

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« Acid Cheese corporation» : La tribune de la cuisine contestataire
par Amandine Casadamont et Manoushak Fashahi.

Un créateur, un angle, une recette : Proposer à une personnalité (chefs, plasticiens, performers, critiques, historiens, designers, auteurs…) d’inventer une recette engagée, décalée, contestataire, permettant un questionnement sur nos pratiques de tables mais aussi sur la société en général. Comment la cuisine peut elle être politique ? Nous leur proposons une tribune ouverte, permettant ainsi de soulever des problématiques par l’invention d’une recette de cuisine. (comestible où pas)
Rendez vous dans sa cuisine, micro ouvert, ! le chef réalise sa nouvelle recette devant nous, tout en nous expliquant comment faire.
Ainsi l’auditeur a non seulement les moyens de réaliser une nouvelle recette (comestible où in mangeable) mais surtout la vision et la réflexion d’un créateur, d’un artiste, qui va au delà du « beau » et du « comestible ». La matière comestible est une matière plastique permettant d’exprimer des idées et son procédé une méthode pour aboutir à une œuvre.

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Hors d’oeuvre : un ExpérimenTable au milieu des Beaux-Arts

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.(Voir la magnifique définition de « Hors d’oeuvre »)

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Mardi 12 avril 2010, 9h 30, cour des Beaux-Arts.
Une femme apparaît. Veste blanche.
Elle déplie une table, et sort une perceuse.
Une perceuse, et un céleri rave.

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Hors d’oeuvre : une recette à déguster avec des pinceaux !

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Des innovations dans l’air du temps ou : Quand Le Laboratoire fait Whaf

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Il existe des espaces extrêmement symptomatiques des évolutions de la société contemporaine. Ce qui se passe actuellement au Laboratoire peut être lu dans ce sens..

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« Le Laboratoire : Innovations dans l’air du temps »

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En effet, Le Labo, cet espace qui se veut à mi-chemin entre l’art, la science et la cuisine propose actuellement un « examen de deux innovations du Laboratoire, Le Whif et Andrea -en vente cet automne aux Galeries Lafayette, chez Monceau Fleurs, Nature & Découvertes et colette – (auxquelles) s’ajoute une troisième innovation, présentée pour la première fois, Le Whaf de Marc Bretillot. Toutes trois ciblent la notion d’air autour de nous : afin de mieux manger, mieux boire, mieux respirer … »

Un catalogue se propose également de vous révéler « l’essence du processus mystérieux de ces innovations « dans l’air du temps » ». David Edwards, fondateur du Laboratoire. (Tout de même, il y a des gens qui n’ont peur de rien !)

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« Nuages de saveurs » :

Le Whaf de Marc Bretillot, David Edwards, avec les recettes de Thierry Marx

« Imaginez un nuage de saveurs émanant d’un surprenant récipient à mi-chemin entre une carafe et un globe de verre ; imaginez-vous en train d’aspirer délicatement ce nuage ; la texture aérienne venant réveiller vos papilles… Vous venez de tester Le Whaf, la dernière innovation du Laboratoire. Inventé par David Edwards, et dessiné par Marc Bretillot, Le Whaf révèle encore une fois la richesse des rencontres entre l’art culinaire et le design aux frontières de la science. »

.(extrait du site internet- pour en lire plus, cliquer ici)

Le Whif fonctionne en gros sur le même principe, puisqu’il s’agit ici aussi « d’inhaler une saveur « … Version portative et commercialisable, le Whif vous offre ainsi la possibilité de respirer l’air du temps, et de sniffer votre chocolat  !

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Ici, il serait trop facile d’écrire un pamphlet sur ce genre d’endroit, qui utilise la triple caution de la science, de l’art, et de la créativité culinaire pour faire whaf.

Il est certainement plus intéressant d’analyser les mécanismes sur lesquels il repose, et de tenter de comprendre en quoi il s’inscrit effectivement dans l’air du temps.

Derrière cette idée du « nuage de saveurs », il y a sans doute deux mille ans d’histoire culturelle tributaire d’un idéalisme qui tend à évacuer le corporel au profit du spirituel, de l’immatériel, du désincarné.

Aujourd’hui, ça donne le Whaf, ou le Whif, soit la possibilité de savourer un aliment presque dématérialisé… « Un nuage de saveurs » qui précisément ne nourrit pas, mais qui se savoure. Et qui se revendique par là même comme une expérience esthétique, en se défaisant de la nécessité de manger – nécessité qui demeurait jusque là à la base de la cuisine, même quand elle se posait comme art culinaire…

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Alors, innovation scientifique au service de l’Art ?

Ou déviation du marketing sur la pente dangereuse de l’anorexie ?

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Il faut tout de même le souligner : sniffer du chocolat, pour éviter d’en manger, la démarche est loin d’être anodine. Voilà une innovation qui rend enfin possible la consommation ultra-volatile, et qui ne laisse pas de trace.

Whif et Whaf poussent ainsi la logique  des dématérialisations contemporaines à l’extrême. Et là, un vague malaise ; on ne saurait en effet s’empêcher de sentir quelque chose qui fleurte avec une forme d’anorexie, qu’elle soit symbolique ou non. En évitant d’ingérer ce chocolat, devenu « léger comme l’air », il s’agit bien d’éviter d’alourdir son corps, de défier les lois de la pesanteur …

Alors, disons-le, grâce au « nuage de saveurs », à la sortie, pas de crotte.

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Le Laboratoire & Le Laboshop, 4 rue Bouloi, 75001 Paris

(explorer le site)……………………

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Bientôt, ‘ExpérimenTable’

‘ExpérimenTable’ : Une table, un invité, un lieu.

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A partir de ces ingédients ... « vous vous posez là, en dehors non seulement de l’expérimentable, mais du concevable« .

E. RENAN, Dialogues Philosophiques, Paris, 1876, p. 63.