Milk Factory : Une nouvelle galerie pour le printemps 2010.

Milk Factory, galerie et laboratoire de création culinaire de la collective des produits laitiers (ouverture printemps 2010).

Hors les murs du 6 au 22 novembre, Atelier des Francs-Bourgeois, dans le cadre du Festival International de la Photographie Culinaire.

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Après la Galerie Fraîch’Attitude, Christophe Spotti est désormais en charge de la Milk Factory, espace de création, d’exposition, et de consultation d’ouvrages dédiés au goût.

C’est le CNIEL, c.à.d. la collective des produits laitiers qui est à l’origine de ce projet.

Rappelons que le CNIEL est aussi à l’initiative de l’OCHA, l’Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires, dont les publications et colloques sont toujours remarquables…

A suivre de près, donc.

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En attendant 2010, et dans le cadre du Festival International de la Photographie Culinaire, la galerie propose (hors les murs) :

« Le lait, matière à sensation, matière à création… »

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Une exposition basée sur une triple approche du lait :


Une approche visuelle avec la série de photographies de Jean-Jacques Pallot, intitulée Splasch :

galerie splasch

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Ce travail de photographie culinaire offre une vision de type « désincarnée » du lait.

Le lait est en effet utilisé ici comme simple texture, comme matériau esthétique purement visuel.

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.splasch 2

Jean-Jacques Pallot, Splasch.

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On est étrangement loin de la texture du lait …

Cette magnifique photo transforme la goutte de lait en voile de bateau et autre support imaginaire.

Et pour cause. Jean-Jacques Pallot est avant tout un photographe, entré un instant dans le monde culinaire, sur lequel il porte un oeil neuf.

Cette photo n’a pas le goût du lait.

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Une approche gustativeavec un « milk bar, et quelques réalisations culinaires de Sonia Ezgulian.

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milk bar

L’initiative est réellement excellente.

Lors de mon passage toutefois, la proposition était assez réduite, et pas toujours convaincante : milk-shake au foie gras, sirops au lait entier, …

… et … des macarons au gingembre, d’une grande délicatesse.

macaron

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Une approche lexicale du lait enfin – par un travail sur « les mots du lait » réalisé par Ich&Kar.

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mots du lait

(NB: Cette photo a été volontairement accentuée pour vous permettre de décrypter une partie du texte).

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Mots, citations et expressions liées à l’univers du lait travaillés par un regard de graphiste.

Voir, par exemple,  » Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait un moyen de passer du foin au lait, sans passer par la vache » (Alphonse Allais)…

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En attendant la suite :

Milk Factory à l’Atelier des Francs Bourgeois,

8 rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e.

Exposition du 6 au 22 novembre 2009 – vernissage mardi 11 novembre.

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Voir aussi l’article consacré à la photographie culinaire

Et pour un clin d’oeil aux macarons ...

Warhol, c’est de la soupe ! (matière à pensées)

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Trente-deux boîtes de soupe, parfaitement identiques.

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Déjà vu cent mille fois en reproduction. Aucune surprise lors de la rencontre de l’oeuvre elle-même. Et puis aujourd’hui Warhol, c’est un peu de la soupe… (oui, osons ce mauvais jeu de mot, les artistes du kitsch ne sont plus à cela près !) D’accord.

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Warhol par CC au MOMA

Warhol, Campbell’s Soup Cans, 1962. Museum of Modern Art, NYC.

A mettre cependant en perspective avec le processus d’uniformisation et de standardisation du goût, actuellement à l’oeuvre dans l’industrie agro-alimentaire…

Et à faire dialoguer avec l’article « Compte-Rendu d’Exploration : Six soupes Picard  » !

A utiliser pour la lecture de l’article Kitschen, essai sur le kitsch dans la cuisine.


« Reliefs »: Géographie des restes (1)

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Salernes, pizzeria artisanale, fin du repas copieux de neuf personnes. Mangeurs d’Europe de l’Ouest  : italiens, français, espagnols, allemands ; classe moyenne sup ; entre 30 et 60 ans.

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Menu unique / Hétérogénéité singulière des restes..

Salernes 002

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A l’origine un plat unique, lisse, et sans histoire.

Vides, ou presque, les assiettes s’individualisent et se mettent à raconter des histoires …

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Scénographie des restes

Salernes 011Salernes 012Salernes 007Salernes 010Salernes 008Salernes 013Salernes 015Salernes 009Salernes 028Salernes 006

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Esthétique de la trace. – Matière à récit.

Les restes disent la disparition. Sémiotique du plat consommé, les reliefs parlent de l’éphémère, et donnent à imaginer, à reconstituer, ce qu’a bien pu être l’assiette, avant.

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Au même moment, ils en disent long sur le consommateur. – Car si l’« on est ce qu’on mange », n’est-on pas aussi dans ce que l’on jette ?

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Compositions multiples, à lire comme une géographie des restes : diversité de leur disposition, vers soi, ou à l’opposé ; rassemblés ou dispersés ; rares ou abondants ; déchiquetés ou quasi intacts…

Le plat unique s’individualise ; il n’y a plus deux assiettes pareilles. – L’identique passe du côté de l’identité.

Chorégraphie des couverts, après la valse et la bataille.

– Traces singulières du lent travail de décomposition qui s’est opéré ici, le temps d’un repas.

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L’ingestion est appropriation, destruction, individuation du territoire de l’assiette.

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Prolongements de ce travail : scénographie des restes

Petit déjeuner avec Tom Wesselmann (matière à pensées)

Tom Wesselmann

Tom Wesselmann, Still Life #30, 1963.
Museum of Modern Art, New York.