Et vous, vous feriez quoi avec des fleurs d’Orka ?

En baguenaude à Bruxelles,

Kam Yuen (Ancien Sun Wah), Rue de la Vierge Noire, 2-4 .

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Un sachet de fleurs, au milieu des légumes du rayon frais.

Fascinant.

L’étiquette de traduction indique sobrement :

Orka Flowers


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Exploration : Le coeur de la fleur est très dur, et contient des graines souples comme des pois, au goût simplement végétal.

Les pétales, en revanche, ont une saveur étonnante, acide, à mi-chemin entre le chou et la cranberry …!

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Tentative de cuisson : Plongée dans l’eau bouillante, la fleur cuit lentement, s’amollit, et colore son bain d’un rouge violacé …

Les saveurs se modifient assez peu, seul le goût des pétales est intéressant, pour son acidité fruitée.

En fait, un goût d’hibiscus !

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Bilan : De toute évidence, la fleur d’Orka est une cousine de l’hibiscus…

Ses pétales peuvent certainement s’utiliser dans une salade de fruit, pour faire une confiture, un sirop ou dans une recette à base de chocolat.

Et pourquoi pas en salé, avec une viande de gibier ?

Et vous, vous feriez quoi avec des fleurs d’Orka ?

Voir aussi la fleur d’Orka dans la galerie imaginaire


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Compte Rendu d’Exploration : Six Soupes Picards

Mardi 3 novembre, il pleut à Paris…

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Automne – hiver : Saison des soupes

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Et le soir où l’on n’a pas envie de la faire soi-même … mais qu’on préfèrerait éviter de donner dans la brique ou le lyophilisé ?

Que penser des soupes surgelées Picard ? .

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Compte-rendu de dégustation / exploration de six soupes Picard

Mode opératoire : Chaque soupe a été dégustée par deux personnes, après trois minutes au micro-ondes (test en conditions réelles : a priori, rares sont ceux/celles qui font chauffer leurs soupes surgelées à feu doux…). Aucun assaisonnement supplémentaire n’a été ajouté. Afin d’éviter toute influence, la liste des ingrédients des soupes n’a été consultée qu’après dégustation.

Un superbe pain de campagne a été utilisé pour ‘vérifier’ les fonds de soupe qui le méritaient !

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–é,

Soupe 1 : Potage aux trois légumes verts : haricot vert, brocolis, épinard. (2€70/kg)

Bilan : Cette soupe est très bonne !

La texture est très veloutée, sans être crémeuse. Le goût dominant est clairement celui du haricot vert, avant l’arrivée en renfort du brocoli, en fin de bouche… La soupe est également relevée par une pointe d’oignon. Pas trop salée.

Remarque :  Mais où est passé l’épinard alors ? un peu à la trappe. (Je vérifie !). En y mettant du sien, on le devine, mais il faut avouer qu’il reste extrêmement timide. – C’est bien le seul qu’on puisse faire à cette soupe : à quoi bon créer un effet d’attente sur l’épinard, alors qu’il est quasi absent cette soupe (3%) ?

Ingrédients : Eau, haricots verts (25%), brocolis (2o%), crème fraîche (5%), épinards (3%), oignon, sel, lactose, protéines de lait.

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Soupe 2. Velouté de légumes du potager : carotte, navet, pomme de terre. (3€50/kg)

Bilan : Cette soupe est plutôt bonne, mais tellement sucrée…

La texture est plus liquide que la soupe précédente. L’attaque se fait sur une saveur sucrée de navet, avant le développement du goût de l’oignon. La carotte est surtout présente dans la couleur de la soupe, et en fin de bouche par une note légèrement terreuse. Sur certaines bouchées, le goût d’une herbe inidentifiable surgit (après examen de la composition, je crois que c’était le poireau) L’ensemble est suave, sucré, agréable mais assez rapidement écoeurant. Disons qu’on ne s’en resservirait pas un second bol.

Remarque : La pomme de terre, qu’on attendait pour épaissir l’ensemble, est assez neutre, et la soupe reste vraiment liquide (c’est la plus liquide des soupes testées ici).

Ingrédients : Eau, carottes (12%), courgettes, oignon, pommes de terre (5%), navet (5%), poireau, beurre (2%).

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Soupe 3. Velouté de cresson, pomme de terre, crème fraîche. (3€95/kg)

Bilan : Cette soupe a du caractère, et restitue vraiment celui du cresson.

La texture est veloutée, crémeuse, sans être écoeurante. Le goût du cresson est agréablement restitué ; son amertume est parfaitement maîtrisée par la compagnie de la crème et de la pomme de terre. Le persil joue par petites touches, sur certaines bouchées. L’ensemble conserve un côté brut, à peine assaisonné. (Qui se marie très bien avec l’acidité d’un bon pain de campagne…!)

Remarque : Pas trop salée ; à la limite, plutôt légèrement sucrée par la crème mais cette fois sans excès. Equilibre impeccable entre sel, sucre, amertume et acidité de la soupe (apportée par le poivre – ou plutôt par l’arôme naturel de poivre, qui me laisse perplexe : pourquoi ne pas utiliser du bon vieux poivre plutôt que d’en extraire l’arôme? Peut être pour mieux en maîtriser le dosage… )

Ingrédients : Eau, cresson (26%), pommes de terre (16%), crème fraîche (14,9%), persil, sel, amidon de riz, arôme naturel de poivre.

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Soupe 4. Velouté fève, épinard, cuisinée à l’huile d’olive. (2€90, vendu en sac de 600g)

Bilan : Cette soupe est écoeurante.

La saveur des légumes est couverte par un goût d’huile d’olive industrielle rance, type Puget de grosse cavalerie. Les fèves arrivent à se faire un peu remarquer, les épinards restent sur la réserve. Quant à la texture, elle se rapproche de celle du mouliné de légumes, et conserve de la mâche. Mais elle possède aussi un côté visqueux, assez désagréable.

Remarque : Cette soupe est trop salée, trop marquée sur l’huile, sans aucune finesse de l’ensemble. Tout cela est très écoeurant. (Je ne la sauce même pas, elle gâche le pain!)

Ingrédients : Eau, fèves (12%), pommes de terre (12%), huile d’olive vierge extra (5%), feuilles d’épinard coupées (4,5%), feuilles de blette coupées, pois chiches, extrait de levure, ail, sel, sauce piquante (piment, hile d’olive, sel, ail).

Soupe 5. Potage au champignon, pomme de terre, crème fraîche. (3€65/kg)

Bilan : Cette soupe est une vraie gourmandise !

Le petit goût de sous-bois du champignon est bien là, dans mon bol, et se développe gentiment en bouche. Au même moment, une saveur de caramel au beurre salé surgit, et ne vous quitte plus. Incroyable.  L’ensemble est assez liquide, et légèrement sucré.

Remarque : Le côté beurre noisette de cette soupe se marie très bien avec les saveurs du champignon!

Ingrédients : Champignon de Paris (43,8%), eau, pomme de terre, oignon, crème fraîche, carotte, céleri rave, beurre, sel, ail.

Soupe 6. Velouté d’asperge verte, pomme de terre, crème fraîche (4€95/kg)

Bilan : Cette soupe joue bien le jeu de l’asperge.

On retrouve vraiment le goût de l’asperge verte, avec son côté terreux, si caractéristique. La texture est bien veloutée et crémeuse (sans être lourde ou écoeurante).

Remarque : L’assaisonnement est discret, mais bien dosé. Ce qui faut de sel et de poivre à mon goût.

Ingrédients : Eau, asperges vertes (29%), pommes de terre précuites (11%), lait écrémé en poudre, crème fraîche (3%), beurre, sel, poivre blanc.

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Bilan général de l’exploration : Que penser des soupes surgelées Picard ?

Sur les six soupes dégustées, quatre sont vraiment réussies, et mériteraient qu’on s’en resserve un second bol… Les deux autres (soupe 2 et 4) sont plus écoeurantes : la soupe carotte navet (2) est plutôt agréable mais trop sucrée ; le palais en est vite saturé. Quant à la soupe fève épinards à l’huile d’olive (4), elle est décidément sans finesse, trop salée, lourde, au point qu’on a du mal à finir son assiette !

Elle est en réel décalage avec le reste des produits testés : de façon générale en effet, les soupes Picard restituent bien le goût du légume, avec un côté brut, légèrement assaisonné.

Côté ingrédients, ils sont plutôt rassurants, simples et naturels. Un peu d’amidon de riz, et des protéines de lait se baladent dans certaines soupes ; et puis ce mystérieux arôme naturel de poivre qui vient mettre son grain dans la soupe de cresson…

Côté prix, selon les ingrédients, ils vont du simple au double. Les sacs étant souvent conditionnés par kilo, ils restent plus attractifs que ceux des soupes en briques, etc.

Ma préférée ? La soupe aux légumes verts ! Et celle de ma mère !

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Vous les avez goûtées ? Vous connaissez d’autres bons (ou mauvais) plans soupes ?

N’hésitez pas à laisser un commentaire !

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Compte-rendu à mettre en perspective avec l’article Warhol, c’est de la soupe!

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Le Mille-feuille de l’Arpège : matière à roman

Certains disent que ce n’est pas un vrai. C’est vrai qu’il s’agit d’un mille-feuille assez librement réinterprété par Alain Passard…. Le mille-feuille, pour être digne de ce nom, doit-il comporter une avalanche de crème ? Où l’idée du mille-feuille réside-t-elle dans sa pâte feuilletée ?

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Le Mille-feuille de l’Arpège : matière à roman…

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.Ce miracle d’équilibre a été réalisé par Sakura Mori, la fée pâtissière d’Alain Passard…

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Quiconque l’a vue réaliser d’une main précise, cette pâte mille fois feuilletée, là, en bas, dans son antre -où flotte une odeur de beurre, de sucre, de dragée chaude ou de mélisse, selon les heures de la journée,

Quiconque a vu son visage rougir sous la chaleur de la salamandre, pendant la caramélisation des bandes de mille-feuille, sans reculer ni perdre un soupçon d’attention,

Et surtout, quiconque a le bonheur de goûter ce mille-feuille, aérien … et comme suspendu dans l’air  … simplement garni de fruits du jardin …

… ouvre un instant une page du roman de l’Arpège, écrite par Sakura.

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Ce jour-là, la pâte croustillante de beurre soutenait bravement un échafaudage de rhubarbe, de pommes, et de fraises vanillées, – des fruits presque confits, gentiment cuits pendant des heures…

Quelqu’un ose encore réclamer de la crème pâtissière ?

Merci encore à Alain Passard, à Sakura et à ‘Loulou’ pour ce mille-feuille d’anniversaire ! (Un an plus tard, j’en parle encore …!)

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Restaurant L’Arpège,

84, Rue de Varenne
75007 Paris

84, Rue de Varenne

75007 Paris

01 47 05 09 06

(Fermeture le week-end).

Vous l’aurez compris, j’ai choisi de parler du mille-feuille, au détriment du dessert à la mode en ce moment à l’Arpège, la fameuse Tarte aux Pommes ‘Bouton de Rose’… Beaucoup de presse pour cette tarte, pourtant bien plus spectaculaire de vue que de goût…

Laissons donc la poésie de cette tarte aux lectrices des magazines féminins.



Beau comme un citron Bachès

Des couleurs, des formes, des textures d’une diversité proprement incroyable.

Des saveurs délicates, qui requièrent toutes les nuances de la langue pour les apprécier, toutes les ressources du langage pour les restituer.

Je vous propose ici une exploration du royaume des agrumes !

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Bachès - photo ©aroline ©hampion

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Il existe en effet en France un couple de pépiniéristes passionnés, Bénédicte et Michel Bachès, qui cultive plus de 450 variétés d’agrumes, là-bas, dans un verger catalan.

Kabossu, yuzu, main de boudha…

Autant de produits qui constituent aujourd’hui une véritable source d’inspiration pour des chefs comme Pascal Barbot (L’Astrance) ou William Ledeuil (Ze Kitchen Galerie).

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Beau comme un citron Bachès

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Combawa - photo ©aroline ©hampion

Le célèbre Citron Cobawa : Tout vert, et fripé comme une cervelle de shar-pei … ne vous fiez pas à l’aspect de ce citron! Sa peau dégage une exquise odeur, proche de la citronnelle ; elle parfume un plat avec une infime délicatesse. Le jus* du combawa est également très intéressant pour les carpaccios, son acidité permettant d’équilibrer les notes de citronnelle développées par le zeste.

* Attention, on notera, sur une remarque de M. Bachès, que les combawas thaïlandais ne possèdent pas de jus. Seul un travail attentif a permis au pépiniériste d’obtenir une variété de combawas juteux.

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Le fameux Citron Caviar : Comme une tirelire, remplie de petites billes rosées qu’on fait péter sur son palais en se léchant les doigts! Attention, c’est quand même du citron – côté saveur, c’est moins spectaculaire. Une note légèrement sucrée quand le fruit est bien mûr, avec une peau tendre à croquer!

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Le Cédrat ‘Main de Boudha’ : Spectaculaire agrume !  Originaire d’Asie du Sud-Est, ce cédrat fantastique développe des saveurs relativement douces, à mi-chemin entre l’orange et le citron …  Il prend des nuances d’un jaune d’or lorsqu’il arrive à maturité.

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L’Oranger trifoliata ‘Dragon Volant’ : Derrière le nom totalement kitsch de cette bestiole, se cache un phénomène étrange. Voici en effet une orange dont la peau a la texture d’une peau de pêche. Quant à son parfum, elle dégage une odeur agressive, verte, légèrement pétrolée, tout en vous annonçant quelque chose de la mangue… Or, à peine l’orange ouverte, cette dernière odeur se confirme. De la mangue mûre à point,mais avec l’acidité de l’agrume qui revient en fin de bouche. Etrange véhicule gustatif que ce dragon volant!

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Le Kabosu : Variété de citron vert très populaire au Japon, et sur les tables des chefs français les plus ‘trendys’!

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Le Yuzu : Encore une agrume japonaise qui a la côte dans les cuisines françaises! Il faut avouer que ses notes de mandarine et de pamplemousse sont d’une puissance extrêmement intéressante, dès lors qu’elle est bien maîtrisée.

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LOrangequat : Un merveilleux compromis entre l’orange, le kumquat et … surprise, la mandarine! (A vous d’essayer de former un mot prononçable avec les trois d’un coup !)

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Le Limequat : Ici pas d’entourloupe, on est bien à mi-chemin entre le citron vert et le kumquat!

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Centennial Kumquat (ceux-là hélas, je n’ai pas eu l’occasion de les goûter !)

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Le Kalamansi : Le fameux cousin du citron, aux notes de fruits exotiques.

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Le Cédrat de Corse : Pas Corse! Mais il s’agit bien de la variété cultivée traditionnellement en Corse, en Sardaigne et en Sicile. On notera, si l’on veut avoir quelque chose à raconter, que le cédrat fait lui aussi partie de la famille des Rutacées (comme toutes les agrumes).

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Voilà. Je ne vous montrerai pas les 440 autres variétés, sous peine d’ulcère de l’estomac (!)

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Merci à Michel et Bénédicte Bachès, pour les merveilles qu’ils font pousser dans leur « jardin des Hespérides »…*

* D’après certaines théories en effet, les pommes d’or du jardin des Hespérides n’étaient autres que des oranges… Toutefois, après ce que nous venons de voir, on est en droit de se demander si ce n’était pas plutôt des kalamansi, des dragons volants, ou autres rutacées ! – Le débat n’est toujours pas clos à l’université…