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Un ExpérimenTable sur France Culture

3 juillet 2010

Mercredi 30 juin sur France Culture, dans Les Passagers de la nuit : diffusion d’un « ExpérimenTable » un peu particulier, puisque réalisé dans le cadre d’un atelier de création radiophonique, « Acid Cheese Corporation« , par Amandine Casadamont et Angélique Tibau.

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// Acid Cheese corporation : un créateur, un angle, une recette -

- La tribune de la cuisine contestataire //

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Proposer à une personnalité (chefs, plasticiens, performers, critiques, historiens, designers, auteurs…) d’inventer une recette engagée, décalée, contestataire, permettant un questionnement sur nos pratiques de tables mais aussi sur la société en général. Comment la cuisine peut elle être politique ? Nous leur proposons une tribune ouverte, permettant ainsi de soulever des problématiques par l’invention d’une recette de cuisine. (comestible ou pas)

Rendez vous dans sa cuisine, micro ouvert! Le chef réalise sa nouvelle recette devant nous, tout en nous expliquant comment faire.

Ainsi l’auditeur à non seulement les moyens de réaliser une nouvelle recette (comestible ou in mangeable) mais surtout la vision et la réflexion d’un créateur, d’un artiste, qui va au delà du « beau » et du « comestible ». La matière comestible est une matière plastique permettant d’exprimer des idées et son procédé une méthode pour aboutir à une œuvre.

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28.06.2010

Aujourd’hui Caroline Champion

qui nous propose ce soir une recette-performance qui s’inscrit dans le protocole de la série ‘ExpérimenTable‘, destinée à ouvrir un espace de parole au cœur de la ville, à partir d’un élément culturellement fort : la table.

Ici, la table devient établi, dressé dans un lieu institutionnel de l’art où, traditionnellement, la cuisine n’a pas sa place. Matière éphémère, corporéité, besoin, comment la cuisine pourrait-elle en effet aspirer à faire œuvre d’art ?

Pourtant, aujourd’hui, le syntagme « art culinaire » envahit les discours, les cuisiniers laissent de côté l’artisanat et aspirent à rejoindre le panthéon des artistes. Au même moment, performeurs, plasticiens et designers s’emparent de la matière alimentaire …

Alors, doit-on considérer que la cuisine est fondamentalement hors d’œuvre ?

– Vanité au céleri rave, version art brut : Une recette à déguster avec des pinceaux !

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Podcast de l’émission

.En savoir + sur cet ExpérimenTable
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La collection des ACC est à l’écoute ici:

- Marc Brétillot, Designer culinaire : « Tête Têtes, dîner de têtes »

- Philippe Mayaux, Plasticien : « Savoureux de toi »

- Marie Chemorin, Auteur culinaire : « Pour exorciser nos peurs, mangeons-les ! »

- Sabine Pigalle, Plasticienne : “Omelette de belligérance et Tisane à la mélancolie”

- Caroline Champion, Exploratrice de saveurs : « Vanité au céleri rave, version art brut ».

Introduction à l’analyse du food design : cuisine, « design alimentaire », « design culinaire » ?!

30 juin 2010
par Caroline Champion

Ce texte est extrait d’un travail de recherche sur le design, qui sera publié dans un ouvrage collectif, Du design culinaire au design alimentaire, dir. Céline Gallen et JP Péché, en février 2011.

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Interroger le design à partir d’une genèse comparée
des mises en forme alimentaires :

.Food design : cuisine, « design alimentaire », « design culinaire »

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La notion de « design culinaire » (ou « culinaire design ») qui connaît aujourd’hui une forte médiatisation, et dont Marc Bretillot serait le chef de file, s’avère extrêmement difficile à expliciter dès qu’on tente de la définir et d’en saisir les contours. Notion floue, terminologie élastique, elle couvre des champs a priori éloignés, en associant cuisine et design, dans une pratique qui ressortit davantage de l’art, de la science, voire du marketing, que de l’industrie, agro-alimentaire, contrairement à ce que serait le « design alimentaire »[1]. D’un côté, des performances, des réalisations expérimentales, des « Grands Déjeuners »[2] ; de l’autre du toblerone, des apéricubes et des poissons carrés.

De ce point de vue, si le terme de « design culinaire » est apparu assez récemment, dans les années 2000, dans une école d’art et de design[3], il ne saurait être compris hors contexte et hors histoire. En faire la genèse, l’analyser dans ses continuités, le saisir dans le cadre de processus plus vastes, est sans doute le seul moyen d’éviter l’écueil des « révolutions » et du « sans précédent ». Car, par-delà l’idée de proposer de « nouvelles sensations », de « réinventer » et de « revisiter » la cuisine pour « repenser » l’approche globale de l’aliment, le « design culinaire » peut être lu comme l’expression d’une mutation continue de la société contemporaine, à partir de la révolution industrielle du XIXème siècle et des transformations économique, sociale et culturelle qui l’accompagnent.

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En guise de préambule à l’analyse du « design culinaire » …

30 juin 2010
par Caroline Champion

Ce texte est extrait d’un travail de recherche sur le design, qui sera publié dans un ouvrage collectif, Du design culinaire au design alimentaire, dir. Céline Gallen et JP Péché, en février 2011.
Lire l’introduction à la notion de food design.

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Préambule

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Pour bien comprendre toute la spécificité du design, comme mise en forme esthétique et fonctionnelle de la marchandise, il convient, en effet, en guise de préambule, d’analyser la spécificité des formes comestibles, y compris dans un contexte antérieur ou extérieur à la mise en forme que lui imprime l’industrie agro-alimentaire. On peut ainsi considérer la cuisine elle-même comme une mise en forme de type « food design » – avant de s’intéresser à la façon dont naît, avec la révolution industrielle, un « design alimentaire » qui viendra en reconfigurer les modalités.

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Les formes alimentaires pré-industrielles : quand le « food design » est un « diable sucré » !

Dans toutes les traditions populaires, il existe des pains et des gâteaux figuratifs aux formes fascinantes, petits personnages, ex-votos, ou animaux étranges… Une superbe exposition, organisée il y a quelques années à La Villette[1], a  brillamment tenté d’en proposer le panorama, en rassemblant des pains et gâteaux figuratifs du monde entier sous la catégorie des « diables sucrés ».

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« Byski » de Pologne – extrait du Diable Sucré, op.cit. p 50. © Jean Pierre Laurent

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Comment montrer un goût ? Une proposition d’analyse de la photographie culinaire

27 mai 2010

Cet article a été publié dans les Cahiers de la Gastronomie (printemps 2010). Il fait écho à l’article « Comment peut-on parler d’un goût« , publié précédemment.
Une série d’études et de matières à penser lui tiennent lieu d’introduction et d’illustration :
- étape 1 : A propos de la relation entre l’oeil et le goût
- étape 2 :
photogénie du goût : peut-on tous les montrer ?
- étape 3 :
montrer un goût  démos de chefs et photographie culinaire.


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Comment montrer un goût ?



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Une proposition d’analyse de la représentation du goût dans la photographie culinaire [1]

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Saveurs fugitives, matière éphémère, moments fugaces, la cuisine joue avec le temps, le déjà-fini. Au même moment, elle s’inscrit dans une temporalité plus vaste, une durée particulière, puisque dans le goût, comme le rappelle très justement B. Beaugé, « la mémoire joue un rôle primordial [...] c’est elle qui permet la constitution de ces ‘images’ appelées ‘goûts’ ».

Or, lorsqu’il s’agit de fixer une saveur exceptionnelle, de lutter contre sa disparition physique pour tenter d’en saisir l’instant, notre mémoire gustative dispose de deux alliés, qui la structurent autant qu’ils la sollicitent :

- Le langage d’une part, qui permet de fixer un goût présent, de le nommer, de l’identifier en fonction de nos souvenirs, comme pour le retenir [2].
- Les images d’autre part, qui jouent avec nos souvenirs gustatifs, sous la forme de ces ‘images mentales’ que sont les ‘goûts’ du point de vue des neurosciences, mais aussi, plus concrètement, par le travail de la photographie.

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Comment fixer un goût ? – Le rôle du langage poétique

20 mai 2010
par Caroline Champion

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Comment fixer un goût, une saveur fugace, lutter contre sa disparition physique pour tenter d’en saisir l’instant ?
-Le langage, en s’inscrivant dans une tradition poétique construite sur le mythe d’Orphée, et de la lutte contre la mort, se trouve ici investi d’un rôle qui en cristallise les enjeux.
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Dansez l’orange…

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Attendez… Cela a le goût … Déjà il est en fuite.

… Fort peu de musique, un piétinement, un bourdonnement — :

O vous, jeunes filles ardentes, ô vous, jeunes filles muettes,

dansez le goût du fruit éprouvé !

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Dansez l’orange. Qui peut oublier

comment, se fondant en elle-même, elle se défend,

contre sa propre douceur. Vous l’avez possédée.

A vous, ô délices ! elle s’est convertie.

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Dansez l’orange. Ce paysage plus chaud,

projetez-le hors de vous, qu’elle rayonne de maturité

dans les airs de son pays ! Embrasées, dévoilez

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un à un ses parfums ! Créez la parenté

avec l’écorce pure et rebelle,

avec le suc dont l’heureuse ruisselle !

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Rainer Maria Rilke, Sonnets à Orphée (1922), in Poésie,
traduction adaptée de celles de J-F Angelloz, Aubier, éd. Montaigne, coll. bilingue, 1943
et de Maurice Betz, éd. Emile-Paul frères, 1942.

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Photo : http://www.layoutsparks.com.

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A lire aussi, à propos du goût :

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  • Comment parler d’un goût ? En guise de réponse :

- un article consacré à cette question ,

- des textes de Jean de Léry, et d’Alexandre Dumas, et un autre sonnet de Rilke

- une émission dédiée à cette question sur RFI.

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  • Comment montrer un goût ? Série d’analyses de la photographie culinaire :

- étapes 1 : A propos de la relation entre l’oeil et le goût

- étape 2 : photogénie du goût : peut-on tous les montrer ?

- étape 3 : montrer un goût : le dispositif des démos de chefs / photographie culinaire

- en préambule à un article consacré à cette question.